Notre Patrimone

L'église Sainte Marguerite

Classée monument historique, elle fut construite fin du XIIème, début du XIIIème
Siècle. C’est une des plus anciennes du diocèse.

La travée du clocher et l’abside pentagonale ont été construites en premier. Elles sont voûtées d’ogives. L’abside est couverte d’une unique voûte à six branches.

La nef, construite peu après le chœur, atteint un effet monumental remarquable malgré une grande économie de moyens Les chapiteaux à la corbeille octogonale sont tapissés de belles feuilles découpées (nénuphars, crosses, feuilles d’acanthes et de vigne). Les rosaces d’origine ont disparu. Les vitraux du chœur ont été refaits au XIXème  siècle, par la famille de Chézelles.

Un lissage différent du revêtement symbolise l’existence de la litre funéraire.
Le portail est inscrit sous un fronton triangulaire formé d’une arcade à trois rentrants avec colonnettes et cordon de violettes.
La rose quadrilobée du tympan s’inscrit dans un cercle.
On peut y admirer les fonts baptismaux datant du XIIIème siècle,  qui ont été restaurés, ainsi que  la copie de Sainte-Marguerite, offerte par Glana (Association de Sauvegarde du Patrimoine).

 

 

La Façade
La façade, particulièrement bien composée, reste imposante pour une église que l'on qualifiera de "petite".
Le portail à galbe est élégant. Ses pieds, droits, sont garnis de colonnettes.
Une petite rose sur le tympan rappelle, par ses 4 lobes, les 4 points cardinaux.
Une grande rose à 7 lobes (7 jours de la semaine), occupe presque la totalité de la largeur disponible. Son pourtour représente des violettes, finement sculptées (le décor est le même sur deux des vitraux).
Le vitrail original de la rose supérieure "aurait été démonté pour être préservé durant la guerre de 1870".
En 1967, Monsieur le Comte Henry de Bertier a organisé un concert dont le profit a permis de remplacer ce vitrail.
Celui-ci représente les outils de la Passion du Christ.

La cloche
La cloche n'a pas toujours été seule à résonner dans notre campagne !
"L'an 1782, le 11 juillet, par permission de notre Seigneur Evêque, ont été bénites, suivant le rituel, les trois cloches de cette paroisse, par nous soussigné Pierre-Antoine Violet, prêtre desservant de cette église.*
(* serait-ce celui dont on a reconnu récemment la tombe ?)
La première des trois cloches a été nommée Jeanne-Marguerite par Messire Jean-François Colliette, écuyer, sieur de Froqueville, Conseiller du Roi (Louis XVI), président de l'élection de Crespi, et par Dame Marguerite Etienne Frenelle, son épouse.

Le nom de la seconde cloche Marie-Charlotte, Christine, fut donné par Maître Jean-Charles Dieu, procureur es-Sièges Royaux de Crespi, ancien Maire de la ville susdite, Substitut du Procureur du Roi en l'élection, Procureur fiscal du Comté de Glaignes, et par Dame Jeanne Christine Dambry, son épouse.

La troisième cloche a été baptisée Joséphine Claire par Monsieur Joseph Praquin, fermier de Monsieur de Beaurain, comte de Glaignes, et par Dame Claire-Elizabeth Dumont son épouse.

Lesquels parrains et Marraines ont signé avec nous les mêmes jours (une longue liste de signatures figure sur l'acte de baptême...)".

Seule maintenant la voix de Jeanne Marguerite rythme pour nous les heures tout au long du jour. Elle rappelle également aux fidèles, trois fois par jour, qu'à l'heure de l'Angélus, on doit dire sa prière !

Ses soeurs ont probablement fini dans les fonderies de l'Hotel de la Monnaie, où elles ont été transformées en canons révolutionnaires.
 

L'autel
Il date du début du XXème siècle. Il n'y a rien de particulier à en dire, si ce n'est qu'une "petite restauration" a été effectuée en 2008 par les membres de l'Association GLANA.
Les objets d'ornement sont du 19ème siècle. Ils ont, eux aussi, fait l'objet de soins particuliers prodigués par GLANA.

Le Tabernacle
Le tabernacle -tout comme les gradins qui se trouvaient de chaque côté, actuellement en trop mauvais état pour rester en place- est
probablement de la fin du 17ème siècle. On ne le sait pas avec certitude.
Il a besoin d'une restauration faite par des spécialistes. Le montant des devis reçus par GLANA est trop important pour que l'Association se lance dans cette campagne de restauration.
C'est dire combien ces objets sont précieux, et insister sur le fait qu'ils doivent être préservés de l'outrage du temps.

La Litre
Jusqu'à la fin du 18ème siècle, lors du décès d'un seigneur, ou d'un membre du clergé, l'église prenait le deuil.

Sur toute sa périphérie, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur, on traçait une bande funéraire, à la chaux, que l'on noircissait à l'aide d'un bouchon préalablement charbonné. Ceci se faisait lors de chaque enterrement. Les armes de la famille du défunt y étaient ensuite peintes. C'est ainsi que l'on peut avoir plusieurs couches successives, et dans certaines églises, il a été possible de mettre à jour ces décors peints.
A Glaignes, à l'extérieur, on voit très bien la litre sur la façade Nord, ainsi que sur les crochets des chapitaux à l'entrée de l'église. L'oeil d'un connaisseur peut "deviner un blason"... A l'intérieur, la litre est très présente.

Les Fonts Baptismaux
Classés Monument Historique, ces Fonts Baptismaux sont de la fin du 12ème, début du 13ème siècle. Ils sont exceptionnels par leur forme ennéagonale (à 9 côtés). La cuve mesure 76 cm de diamètre et 95 cm de hauteur. Le poids est de 500 kg. La cuve repose sur un fût central et est soutenue par 3 colonnettes (restaurées en 2003 par GLANA). Ces colonnettes sont surmontées de chapiteaux sculptés. Le tout repose sur un socle. Cette cuve est ornée de feuillage en harmonie avec les chapiteaux de la nef, qui représente la végétation que l'on trouvait dans la région : feuilles de vigne, feuilles de nénuphars, feuilles de cresson...
On trouve des fonts baptismaux de même facture dans les églises de Pondron et de Trumilly.

La Bannière de Procession
Dessinée par Monsieur le Comte Henry de Bertier, elle fût brodée par les mains agiles de Madame Geneviève Desangins, puis baptisée en grande pompe en juin 1961.
Les parrain et marraine de la bannière sont le Comte Henry de Bertier et Madame Adèle Desangins.

Sainte-Marguerite
Magnifique réalisation du 16ème siècle, dans le style maniériste de l'Ecole de Fontainebleau, elle est en bois, dont la polychromie est très effacée (en 1789, afin de préserver les statues de la fureur des révolutionnaires, on les peignait en bleu, blanc et rouge. Revêtant ainsi les couleurs du peuple, elles étaient ainsi épargnées). C'est un art de Cour. Elle est tout à fait à la mode de cette époque, avec les seins bien soulignés par une ceinture haute, un vêtement très près du corps et transparent.
Sa chevelure est magnifiquement travaillée, recouverte d'un voile posé dessus et très habilement posé attaché près des oreilles dont l'une est apparente et très fine.
Son visage, très fin, est tourné vers le côté, dans le style de Fontainebleau.
Elle porte également un bracelet au bras droit, qui était vraisemblablement décoré, ainsi que le fermoir de sa robe.
La position des mains est incertaine, mais on peut tout à fait imaginer qu'elles étaient jointes et que la Sainte priait.
A part le dragon, dont il ne reste qu'une partie, il n'y a pas trace d'autres attributs (perles, croix, etc...).
Le mouvement de la jambe pourrait laisser supposer que Ste-Marguerite sortait du ventre du dragon, ou qu'elle a le pied posé dessus.
En effet, le corps du dragon a été endommagé par des vers, et ce qui en reste est dissimulé derrière une boîte en bois qui date vraisemblablement du 19ème ou du 20ème siècle, et qui a assis la stabilité de la statue.
La tête du dragon, fort importante, n'a pas de morceaux de la robe de la Sainte dans sa gueule, et on peut tout à fait imaginer un monstre marin à "tête de chien de mer'" comme on en trouve dans le style maniériste de l'Ecole de Fontainebleau. Sa queue, qui pouvait être enroulée, n'existe plus.
Cette statue est de très belle qualité.
NB - Ces explications nous ont été fournies par Monsieur le conservateur du musée d'art sacré de Crépy.

La statue de Sainte-Marguerite présente dans notre église est une copie parfaite, offerte par GLANA en 2006.

Le Chemin de Croix
Très en vogue dans les années 1860/1870, il est peint sur tôle. Malgré l'assurance qui en était faite alors que ces oeuvres étaient traitées contre l'humidité, force nous est de constater que quelques unes de ces stations sont tombées en poussière (de rouille).
GLANA envisage sérieusement une restauration.

Les vitraux
La restauration des vitraux date du 19ème siècle. On la doit à Mr le Vicomte Henry Le Sellier de Chézelles.
Le vitrail de droite (sud) lui est d'ailleurs dédié. Il représente Henri 1er (1008-1060) tenant sur ses genoux une église (peut-être en mémoire d'Anne de Kiev son épouse, qui a fait construire le couvent Saint-Vincent à Senlis).
Le blason du vicomte Henry, doré a un aigle d'azur, becqué, lampassé et membré de gueules, est représenté en bas du vitrail.

Le vitrail de gauche (nord) représente Sainte Cécile (patronne des musiciens) tenant sur ses genoux un orgue portatif nommé "régal" ou "positif". Ce vitrail est dédié à Cécile de Chézelles Maingoval. Le blason de la famille de Maingoval se trouve lui aussi dans la partie basse du vitrail -d'azur à 3 haches d'or- On y remarque également les étoiles et le croissant, signe qu'un des membres de cette famille était parti en croisade.

Le vitrail central représente la vierge portant Jésus sur ses genoux.

Le Christ en Croix
Date de la fin du 17ème, début du 18ème siècle. Il est fixé côté sud de la nef, dans l'alignement d'un pilier. Il a été exécuté avec beaucoup de précision de la part du sculpteur sur bois. Ses muscles sont saillants et parfaitement travaillés. Le buste a été réalisé en marquant le détail des côtes. La tête est inclinée sur l'épaule. Les bras sont en V, et les mains recroqueviliées sur les clous.
Les pieds sont positionnés parallèlement et cloués indépendamment. Un drap couvrant le bassin est d'une très grande ampleur, et est parfaitement réalisé.
 

 

 

Le lavoir

Jusqu’en 1826, la rivière la Saint-Marie se traversait « à gué ».
Des pierres étaient placées sur la berge, afin d’y laver le linge.

A cette époque fut prise la décision d’installer au lieu-dit « Le Beau-Marais », un lavoir public couvert afin que 12 personnes puissent laver   en même temps, ainsi qu’un abreuvoir pour 6 chevaux.

Ce lavoir  est alimenté par une source qui vient de la colline, et qui passe sous le monument aux morts.

Ce lavoir dit « à impluvium » a la particularité d’un toit à 4 pentes convergentes vers le centre. L’eau de pluie est ainsi recueillie dans le lavoir et peut être évacuée dans la rivière.

Ces constructions furent édifiées sur la propriété des donateurs : le Chevalier Billard de Lorière et son épouse, Dame de Lorière et de Beaurains.

Ceux-ci se réservèrent le droit de laver, seuls dans le lavoir, 25 jours dans l’année. Il leur faudra néanmoins faire tambouriner 48 heures à l’avance afin de prévenir les ménagères qu’ils souhaitent profiter de leur privilège.

Ils auront, pour l’abreuvoir, « le droit de tous » c’est-à-dire de faire boire leurs chevaux lorsqu’il y aura de la place.

Les travaux furent terminés le 1er octobre 1833.

 

 

Le château

D’après l’Annuaire de l’Oise (1843),  « on croit que le premier château dans le onzième siècle fût bâti par un des chevaliers de la forteresse de Béthisy ».

Le Vicomte Henry le Sellier de Chézelles achète le domaine de Glaignes en 1869 aux Billard de Lorière, (inhumés dans notre cimetière).

Grand amateur de vénerie, il souhaite établir l’équipage « Picard Piqu’Hardi » à Glaignes. Pour ce faire, il entreprend de grands travaux qui débuteront en 1874 par la réalisation du parc par Varé, Architecte paysagiste à qui l’on doit le tracé du Bois de Boulogne.

Lors de premiers travaux, l’on mit à jour un squelette humain, probablement celui de l’un des plus anciens possesseurs de la terre de Glaignes. L’examen des ossements par d’éminents spécialistes a permis de conclure qu’on était là en présence d’un homme primitif, de race préhistorique (tibias aplatis, perforation des fosses olécrâniennes des humérus…). Des examens plus approfondis ont amené ces spécialistes à conclure qu’il s’agissait là d’une femme, de la peuplade des Mongoloïdes, tribu qui existait bien avant l’arrivée des Gaulois. L’architecte Samson aura en charge la construction du Château de la Garenne, d’un « grand modernisme » et correspondant aux goûts raffinés de l’époque permettant ainsi de recevoir aisément lors des chasses à court.

L’ancien château du XIIème siècle est démoli. On ne conservera que les fondations (2 voûtes) afin d’y construire les Communs pour loger gens de maison et écuries pour chevaux. Ces travaux prendront fin en 1882.

Le domaine restera dans les familles de Chézelles et de Bertier de Sauvigny jusqu’en 1972. Il fut alors vendu à la Manécanterie des  Petits Chanteurs à la Croix de Bois, qu’il abrita alors, pendant plus de 30 ans.

Ce château est devenu propriété privée.

 

Les moulins

Depuis le Moyen Age, jusqu’au milieu du XIXème siècle, une cinquantaine de moulins, aux fonctions diverses et changeantes selon les impératifs économiques, furent en activité dans le bassin de l’Automne (usine à papier, à huile, à fécule de pomme de terre, pressoir à cidre, à vin, production de « tan » pour le tannage de peaux, broyage de chènevis). Le territoire de Glaignes comptait quatre moulins, dont un à blé et une usine à huile qui fut transformée en 1775 en usine à papier. Elle employait, dans les années 1820, une centaine d’ouvriers. Les matières premières (jusqu’à 300 tonnes de chiffons) provenaient de Paris, Soissons, Compiègne et des environs, et étaient transformées en papiers de différentes qualités. La production, réputée, était principalement écoulée à Paris. L’évolution des procédés techniques fit décliner l’activité de ces moulins. Certains deviendront des domaines privés. D’autres seront abandonnés. La papeterie a aujourd’hui complètement disparu. On peut encore voir un des piliers de l’entrée sur la gauche de la route qui mène à Orrouy.

 

 

 

Le monument aux morts

On a choisi, à Glaignes, une Lanterne des Morts construite sur la Place Communale, dite de Beaumarais, afin de rappeler un monument semblable érigé à Douaumont –haut lieu des grandes batailles de 14-18. C’est en effet à Douaumont qu’est tombé en 1915 le jeune vicomte Richard de Chézelles, alors héritier du château de Glaignes. Quelques jours avant d’être tué il avait légué ses biens à son neveu et filleul le Comte Henri de Bertier de Sauvigny. La nourriture se faisant de plus en plus rare, il avait aussi fait abattre sa meute de chiens Le monument aux morts fut inauguré le 16 novembre 1930 en présence d’une foule immense. Son coût a été financé par la souscription publique et par un don de Monsieur le Comte Henry de Bertier de Sauvigny, dont le frère et le cousin figurent parmi les 13 Glaignois tombés au champ d’honneur. La Lanterne des Morts est un monument principalement construit du XIIème au XVème siècle sur le chemin du retour des croisades, dans l’ancien Duché d’Aliénor d’Aquitaine (Périgord, Angoumois, Marche et Bas Berry).

 

 

 

Le Calvaire

 

 

 

Edifié au coin de la rue de Beaumarais et de la rue des Tonneliers, à gauche en venant de la Sainte-Marie, il se trouvait autrefois de l’autre côté de la rue.
On trouve à Morienval, à Béthancourt en Valois et près de Fresnoy la Rivière (croix de Saint Laurent) des calvaires identiques, probablement du même artisan, un forgeron du XIXème siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Cimetière

On y trouve les tombes de nobles personnages, seigneurs de Glaignes et environs habitant l’ancien château et proches de la royauté de l’époque :

- Billard de Lorière Antoine (1751-1815), Mousquetaire, Ecuyer de la Comtesse d’Artois et Dame de Lorière, née Claine, Geneviève de Broé, - Billard de Lorière, Chevalier de Saint Louis et de la Légion d’Honneur - décédé en 1832 , - Billard, (1792-1860), Mousquetaire, Chevalier de la Légion d’Honneur, - Françoise Durand de Mélianne, Veuve de M. Antoine Claude de Beaurain, Comte de Glaignes, décédée en 1830.

Celle aussi de Jacques Ernotte, Peintre et Poète né à Schaerbeck en 1898 et mort à Paris en 1967. Cet artiste belge, illustrateur des œuvres de Gérard de Nerval, vivait dans le plus grand dénuement. Il fut souvent reçu par le comte de Berthier et s’est vu offrir sa sépulture à Glaignes.
La chapelle Maingoval – de Chézelles (XIXème siècle) sépulture des derniers châtelains.
D’autres tombes encore attirent notre curiosité historique, celle du dernier curé de Glaignes, celle d’une danseuse célèbre et de son père, éminent archéologue…